« AMORIS LAETITIA », « familles, je vous aime »

samedi 23 avril 2016
par  Annick HACARD
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Après deux synodes sur la famille en 2014 et 2015, nourris des contributions de fidèles du monde entier, l’exhortation tant attendue du Pape François sur l’amour dans la famille (Amoris laetitia) a été rendu publique le 8 avril dernier.

Accompagnante, apte au discernement, le pape désire une Eglise attentive à toutes les situations de fragilité humaine.
Ce qui frappe dans ce long texte où aucune situation n’est oubliée, c’est le regard à la fois plein de réalisme et de tendresse sur la famille dans toutes ses composantes. Le pape ouvre les portes pour continuer à réfléchir, invitant les pasteurs, les Eglises locales et les couples à poursuivre la réflexion. Il ne nous dit pas ce qui doit être fait face aux situations difficiles mais encourage à continuer le dialogue pour avancer. Le synode se poursuit en quelque sorte sur le terrain.

  • Porter un regard lucide sur le couple et la famille : le pape évite de proposer un idéal trop écrasant, préférant un amour artisanal, patiemment construit par les époux y compris dans les difficultés du quotidien.
  • Accueillir et accompagner les plus fragiles avec patience et délicatesse : les accompagnateurs sont appelés à former les consciences, mais pas à se substituer à elles. Et ils doivent être bien formés.
  • Si le pape reconnait et fait l’éloge de la différence de l’homme et de la femme, il apprécie le féminisme lorsqu’il ne prétend pas à l’uniformité ni à la négation de la maternité. Les vieilles formes de discrimination entre hommes et femmes sont dépassées et le partage réel des tâches éducatives ou des travaux de la maison ne discrédite pas la masculinité.
  • En ce qui concerne la procréation et son corollaire, la régulation des naissances, François assume les enseignements de ses prédécesseurs, mais les termes de « permis » ou « défendu » ne sont jamais repris. Il met en avant le choix personnel des couples en conscience.
  • Favoriser l’intégration des personnes en situation irrégulière dans l’Eglise et leur accès aux sacrements : par exemple, pour un catéchumène remarié qui aurait divorcé d’un premier mariage civil, à une époque où au moins un des deux conjoints ne connaissait pas la foi chrétienne.
  • Sortir du légalisme pour discerner au cas-par-cas de façon responsable, personnelle et pastorale, de façon à « trouver les chemins possibles de réponse à Dieu (…) au milieu des limitations ».
  • Pour les divorcés-remariés, aucune révolution juridique ou doctrinale. Mais pas d’enfermement de l’Evangile non plus dans un « règlement ». Une grande nouveauté néanmoins : l’encouragement officiel au discernement dans chaque situation, au dialogue, à la pédagogie divine, à l’ouverture, à la miséricorde inconditionnelle et gratuite. Un chemin vers la pleine intégration, y compris jusqu’aux sacrements, des couples qui en feront la demande.
  • Mais la question très controversée de l’homosexualité lors des deux sessions de synode est très peu traitée de façon explicite et fait partie des situations dites complexes. Le pape rappelle l’accueil et le respect dû à chacun et condamne fermement toute forme d’agression et de violence à l’encontre des personnes homosexuelles, mais il rappelle aussi que les unions entres personnes de même sexe ne peuvent en aucun cas être comparées au mariage.
    « La route de l’Eglise, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration. La route de l’Eglise est de ne condamner personne éternellement, de répandre la miséricorde et Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère ». A.H.

Voir le site : l’exhortation apostolique « Amoris Laetitia ».

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