Eglise Saint Malo à Dinan

vendredi 30 décembre 2016
par  Patrick BODOLEC
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Pour cette église Saint-Malo

un peu d’Histoire…
Saint Malo mourut le 15 novembre 630 dans notre région et donna son nom au diocèse.
Notre ville de Dinan naquit vers l’an 1000.

En 1066, le Seigneur de Dinan, Olivier I fonda la première église Saint Malo.

L’église dominait la Rance et se trouvait à l’emplacement qu’occupe actuellement la chapelle Saint Joachim. Elle était bâtie à gauche de la rue descendante du Jerzual (rue vers le Port) et en face du « vieil castel » , demeure des Seigneurs de Dinan, qui était construit à droite de la même rue, sur le promontoire qu’occupe actuellement la Sous-Préfecture.

La ville de Dinan grandissait, s’étendait vers le sud (avec saint-sauveur, place du champ, l’apport) mais aussi vers l’ouest (cordeliers, marchix, grand’rue).
A partir du 13° siècle, il devint nécessaire, pour les Ducs de Bretagne, de bâtir et de ceinturer la ville de hauts remparts pour la défendre.

L’église et le faux-bourg Saint Malo se trouvèrent hors des fortifications de Dinan.

En 1487, l’armée française envahissait la Bretagne, et marcha sur Dinan.

Face à ce péril, le Duc François II ordonna la destruction de l’église Saint Malo pour des raisons de défense. Il craignait que les français transforme l’église en bastion pour bombarder la ville de Dinan.
Le bon Duc promit sa reconstruction. Mais ce fut en vain…
Car les habitants de Dinan, paisiblement, ouvrirent les portes à l’armée du Roi de France, le 8 août 1488.
Les dinannais avaient perdu leur sanctuaire.

La nouvelle église de Saint-Malo :
En 1489, Jean II de Rohan, Lieutenant Général pour le roi de Bretagne, avec l’accord de la ville de Dinan, permet l’achat des terrains entre la Grand’Rue, la rue Neuve et la rue de la Boulangerie, pour construire une nouvelle église.

La construction de la nouvelle église Saint-Malo débuta en 1490.
Le chantier ne s’achèvera … qu’au 20° siècle….

le 17 mai, la première pierre fut posée et bénie par Pierre Laval, évêque de Saint Malo, comme l’indique la magnifique inscription gravée à l’entrée du chœur.

Portés par une ferveur unanime , français et bretons, ouvriers et artisans, soldats et bourgeois, clergé et nobles se mirent au travail. Les dinannais et Anne de Bretagne furent très généreux de leurs dons pour cette nouvelle église.
Ils dressèrent d’un seul jet le chœur, le chevet, le transept…
Puis le double portail sur la Grand’Rue s’érigea, mais après les fondations de la nef, ils durent arrêter les travaux, faute d’argent …

A la fin du XVI°siècle, la nef n’avait toujours pas de voûte.
L’église possédait un simple toit en chaume, et présentait des fissures dues à l’explosion d’une poudrière voisine..

En 1670, l’Évêque de Saint-Malo (en Isle) fit ouvrir le châsse du saint et en ôta les reliques qu’il fit porter en l’église de Dinan, en procession, en présence d’une grande foule et derrière les oriflammes des douze paroisses voisines.

La Révolution :
La révolution désaffecta l’église, elle fut pillée malgré la réprobation des dinannais.
Toutes ses œuvres d’art furent brisées, brûlées ou vendues.

L’église, maison de Dieu, était devenue maison du peuple.

Pendant cette période, le bâtiment servit de halle au blé, fut transformée en théâtre, puis en forge d’armes. La nef et son clocher furent la proie d’un incendie.
L’église n’était plus qu’une ruine…

Une restauration :
Un travail collectif de longue haleine fut nécessaire pour que le sanctuaire reprenne vie.

En 1803, L’église Saint Malo est rendue au culte.

A partir de 1808, c’est grâce à l’Abbé BERTHIER, Supérieur des Cordeliers, puis à la ténacité de L’Abbé CHENU, Curé de l’église Saint-Malo, que des travaux considérables ont été effectués.
Les dinannais rebâtirent, pendant 10 ans, avec les deux architectes Alphonse Guepin de Saint Brieuc et Charles Aubry de Dinan : la nef et ses bas-côtés, les gargouilles…
Ils allaient chercher le même granit et ils s’inspiraient des plans de leurs prédécesseurs du XV° siècle.

Le 23 février 1851, une relique de Saint-Malo fut restituée et déposée dans le reliquaire fabriqué par M. Mathurin Heurtel de Dinan.

A partir de 1854, de grands vitraux furent posés :
Ceux sont des images de lumière où l’art populaire éclate de vie, de mouvement et de couleurs.
Ces vitraux évoquent la vie des habitants, les évènements religieux, les plus marquants de Dinan.
Mais aussi, ils représentent des quartiers de la ville de Dinan : le Vieux-Pont, le Jerzual, la place des Cordeliers, le château de la Garaye, etc …

Ils faut également parler des trois Cloches de l’église :

  • La plus belle est le « Gros Malo », fondu en 1869 et pesant 2980 Kilogramme. Sa voix grave et puissante résonne dans toute la ville.
  • La seconde « Mélanie-Clémentine », fut fondue à Villedieu en 1835.
  • La troisième « Marie-Louise », fut offerte par la soeur de Chateaubriand en 1846.
    Dans les combles du clocher, un ouvrier anonyme a signé son œuvre, en gravant sur une poutre :
    « Au Roi des siècles immortels, à Dieu seul honneur et gloire. 1517 »

En 1889, la construction de l’orgue est due aux anglais, avec l’organiste de Guernesey et le facteur d’orgue Alfred OLDKNOW, elle se trouve dans le bras sud du transept.
L’orgue compte 1772 tuyaux avec 24 jeux et se pare de 35 tuyaux polychromes azur et or de la Montre, ce qui est toujours très rare (en Bretagne).

Les Temps Modernes :
C’est en 1955, que le maître-autel du chœur est installé, avec une belle dalle de granit (œuvre de Gallée).
Il se trouve être au point le plus haut de la ville de Dinan.

En 2011, la construction et l’installation de l’Ambon devant le maître autel, face à l’assemblée…

Mais il reste, toutefois, à construire et à finir son clocher, en pierre de granit.
Peut-être verra-t-on l’achèvement au 21°ème siècle ?.

A suivre …

L’Eglise Saint Malo est classée Monument Historique, et se situe au centre de la ville de Dinan.


PS :

Photos de P. BODOLEC


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