Prière des Bâtisseurs de Cathédrale (13°Siècle)

vendredi 30 décembre 2016
par  Paroisse de Dinan
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Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler et à bien l’employer sans rien en perdre.
Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.
Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l’œuvre sans me désoler si elle jaillit autrement.
Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.
Aide -moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au cœur du labeur à tenir serré le fil de l’attention.
Et surtout comble Toi-même les vides de mon œuvre.
Seigneur, dans tout labeur de mes mains laisse une grâce de Toi pour parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même.
Garde en moi l’espérance de la perfection, sans quoi je perdrais cœur.
Garde-moi dans l’impuissance de la perfection, sans quoi je me perdrais d’orgueil. Purifie mon regard : quand je fais mal, il n’est pas sûr que ce soit mal et quand je fais bien, il n’est pas sûr que ce soit bien Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain.
Et que tout travail est vide sauf là où il y a amour.
Et que tout amour est creux qui ne me lie pas à moi-même et aux autres et à Toi Seigneur, enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces.
Rappelle-moi que l’ouvrage de ma main t’appartient et qu’il m’appartient de te le rendre en le donnant.
Que si je fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l’automne. Que si je fais pour plaire aux autres, comme la fleur de l’herbe je fanerai au soir. Mais si je fais pour l’amour du bien je demeurerai dans le bien.
Et le temps de faire bien et à ta gloire, c’est tout de suite.
Amen


On dit que tu nous parles, mais je n’ai jamais entendu ta voix de mes propres oreilles.
Les seules voix que j’entende, ce sont des voix fraternelles qui me disent les paroles essentielles.

On dit que tu te manifestes mais je n’ai jamais vu ton visage de mes propres yeux. Les seuls visages que je vois ce sont des visages fraternels qui rient, qui pleurent et qui chantent.

On dit que tu t’assoies à notre table, mais je n’ai jamais rompu avec toi le pain de mes propres mains. Les seules tables que je fréquente ce sont des tables fraternelles
où il fait bon se restaurer de joie et d’amitié.

On dit que tu fais route avec nous, mais je ne t’ai jamais surpris à mêler tes pas à ma propre marche. Les seuls compagnons que je connaisse ce sont des êtres fraternels
qui partagent le vent, la pluie et le soleil.

On dit que tu nous aimes, mais je n’ai jamais senti ta main se poser sur mes propres épaules. Les seules mains que j’éprouve, ce sont les mains fraternelles qui étreignent, consolent et accompagnent.

On dit que tu nous sauves, mais je ne t’ai jamais vu intervenir dans mes propres malheurs.
Les seuls sauveurs que je rencontre, ce sont des cœurs fraternels qui écoutent, encouragent et stimulent.

Mais si c’est toi, ô mon Dieu, qui m’offre ces voix, ces visages, ces tables, ces compagnons, ces mains et ces cœurs fraternels, alors, au cœur du silence et de l’absence, tu deviens, par tous ces frères, parole et présence.
Jacques Musset


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